jeudi 11 mai 2006

Cartier-bresson

La méthode de Cartier-Bresson, en photo, quand on lui montrait quelquechose, c'était de prendre une photo d'à coté, décalée de l'évènement.
Est-ce que j'ai fait du Cartier-Bresson là ?

mercredi 10 mai 2006

Désincarné

Ce midi, à la cantine, je déjeune avec Richard.
A coté de nous, un "tout mou" qui parle donc "tout mou".
Il parle d'un gars maoïste. Au début, je croyais qu'il parlait de lui. Mais non, c'est d'un autre dont il parle. Et comme autre qualificatif que maoïste, il dit :

- Tu vois ce que je veux dire ?
- ...
de l'autre en face que ça n'intéresse pas
- Oui, il est complètement désincarné par l'argent !
- ...
toujours de l'autre
- Tu vois ce que je veux dire ?
- Et sans que cela n'influence ni la performance ni le sens du résultat de son entreprise, d'être désincarné comme ça par l'argent


Je connais pas trop Mao, je croyais que seuls les ongles étaient incarnés puis pouvaient ensuite être désincarnés, mais aussi que dans la religion bouddhiste, on pouvait être réincarné. Mais là, je ne vois pas trop ce qui m'échappe, sans doute un lien obscur entre Mao, le bouddhisme, l'odeur de l'argent et celle des pieds à ongles rentrés dans la viande...

Au cas où, je suis allé voir dans le dictionnaire :

Désincarné
, -ÉE adj. XIXe siècle. Dérivé d'incarné. 1. Sorti de son enveloppe charnelle. Pour les anciens Égyptiens, pour les Hindous, la plupart des âmes désincarnées seront réincarnées dans un autre corps. 2. Fig. Qui est détaché des considérations charnelles ou matérielles. Un amour désincarné. Par ext. Un idéalisme, un spiritualisme désincarné.


Donc, c'est ça, désincarné par l'argent, c'est détaché des considérations matérielles. Piètre littéraire, je croyais qu'on n'était seulement désintéressé par l'argent. A moins que ce soit désincarné de l'argent, finalement.

Donc, le gars s'est trompé ou pas ?

33...

33...
33 et 3 petits points.
33 euros, c'est le prix du menu au Bistrot.
33, tout compris, apéro, café, vin.
Au 3 place de Breteuil, très bonne adresse, j'ai donc dîné hier soir avec Jamal où, après des nouvelles respectives (mais à lire mon blog, il savait déjà presque tout...) sur nous mêmes, nos enfants, nos passions, et un intérêt commun marqué pour les relations humaines, on élargit progressivement le cercle sur nos ex-collègues de la BnF : il y a ceux qui ont vieilli, ceux qui ont fait leur petite place, d'autres au placard, d'autres dont on ne sait pas ce qu'ils sont devenus.

Et puis, il y a Sylvie : il m'apprend qu'elle est partie d'un cancer foudroyant en 6 mois. On se dit que ses enfants doivent avoir, quoi, 7 et 12 ans, quelque chose comme cela. Dur... Quelqu'un de bien et de sympa, Sylvie.

Et 33, est-ce aussi l'âge à partir duquel on va à plus d'enterrement que de baptêmes et de mariages ? et ce 33, est-ce aussi bien ce qu'on dit chez le docteur, pourquoi 33 est-il si annonciateur de mauvaise nouvelle ? est-ce à cause de l'âge du christ ?

En tout cas, R.I.P. Sylvie.

mardi 9 mai 2006

Séance photo

A déjeuner sous le soleil, Jade enfile une casquette, puis une deuxième. Je la trouve belle ma fille alors je fais une, deux, puis trois photos, et c'est parti... Jade prend la pose et c'est un plaisir de mitrailler.

Niels Lyhne

C'est amusant, mais Nils a déménagé tout un rayon de la bibliothèque et le voilà, vers moi, avec un livre des éditions stock, couverture rose. Un livre qui a compté pour moi. Il a choisi Niels Lyhne de Jens Peter Jacobsen, et le tend vers moi. Etonnant. Il n'y en avait que deux : celui-là et les aventures de Nils Holgersson.

Niels Lyhne est l’histoire d’un homme qui naît avec des dispositions au rêve et non à l’action. Pour l'instant, plutôt l'inverse de mon Nils préféré, avec ses chutes et ses courses, même si je le soupçonne de cacher parfois son jeu.

lundi 8 mai 2006

La couleur des roses (2)

Jade croit toujours que je blague quand je parle des roses jaunes. Pour elle, ce sont des fleurs jaunes qui ne peuvent être roses, donc !
Prochaine étape : puisque Sophie n'y est pas arrivée davantage, faire un bouquet de roses du jardin, de différentes couleurs, pour sa maîtresse, la seule à ce stade à la persuader de me croire...

Le sel



Quelle différence entre ces deux photos distantes d'à peine une minute ?

Sur la première, Alix et Jade goûtent et renversent du sel, au restaurant. C'est bien le restaurant...
Sur la seconde, elles n'en ont plus le droit. Ah, les méchants papas...

dimanche 7 mai 2006

Poker toulousain

J'ai hésité à ce tournoi freezeout à 50 € l'entrée. 50 €, je trouvais ça un peu cher. Le prize pool était de 1600 € répartis sur les 5 premiers. Mais j'aurais eu tort de ne pas m'y rendre...

D'ailleurs, je suis parti au dernier moment, après une longue hésitation, et de facto, suis arrivé cinq minutes avant la fin des inscriptions ayant finalement opté pour le parking faute de place extérieure disponible, après une pause ravitaillement tabac, et un appel au 118 218 (je n'en connais pas d'autre) pour l'adresse exacte.

Club

C'est une sorte d'ACF toulousain avec des enjeux sans ruine possible sur place, mais de gros joueurs de passage... ça fait ambiance club du quartier.

Démarrage tranquille

Sur les 3 premiers coups : paire 8 servie, full, brelan : je pars sur d'excellentes bases même si cela ne me rend pas très riche, faute d'adversaire pour me suivre. Assez vite, j'enchaîne un peu et me fais mon petit tas, autour de 2 fois mes jetons de départ, soit 600, et une oscillation entre 500 et 800. Je joue serré et mes rares bluffs passent. Je jette tout un tas de mains que j'ai l'habitude de jouer, histoire de faire durer mes 50 € et constatant que durant la première heure, il y a très peu d'éliminés...
Je me situe toujours 2eme ou 3eme tapis de la table et passe une soirée confortable pour l'instant. L'ambiance est bonne et je demande trois-quatre fois à des mecs genre accent aveyronnais ou gersois de me répéter ce qu'ils disent (ah, il a dit "bon") : ça joue bien même si à ma table, des habitués du vegas ne misent qu'a la river et checkent tout le temps en post-flop : ils sont faciles à faire coucher. J'en profite. Et je me méfie de quelques-uns : Tony, un portugais, soixante ans, il n'en est plus à sa première partie, et il ne joue qu'avec de grosses mains, un autre moustachu, lui aussi, supertight, que je sortirais plus tard en table finale, et un fou exubérant qui joue très risqué donc très dangereux. Les autres sont abordables et je les cerne bien : ils callent trop souvent avec des mains intermédiaires. Cependant, l'absence de référence commune, de langage commun autour de la table, la présence de quelques-uns habitués à jouer gros (ce qui, j'en suis sûr, ne veut pas dire jouer bien, j'en ai encore la confirmation durant ce tournoi) rendent l'ensemble difficile à contrôler malgré tout : je ne peux diriger la table comme j'aime le faire. Par exemple, il y a un mec qui checke avec la main pour folder, et d'autres qui gardent leurs cartes devant eux alors qu'ils sont couchés : faut se repérer...

L'agressif qui regarde trop Canal +

A un moment, regroupement de tables et un petit jeune qui regarde trop Canal Plus, hyper agressif, se place à ma gauche, avec un gros tas de jetons, et raise à tous les coups me volant ainsi doucement. J'essaie de le contrecarrer avec une main moyenne pour lui faire comprendre de ne pas jouer cela avec moi : il re-raise. J'attends pour plus tard de le prendre avec une excellente main. Je lui reprendrais effectivement, ultérieurement, plus que mes jetons avec 77 servis en le forçant à se coucher en post-flop. Mais, dans l'immédiat, j'en profite pour le tester en lui balançant avec le sourire "agressif ?", il me répond "ouais avec mon 72, obligé !"... Il se la pète trop, avec tous ses copains déjà éliminés derrière lui. Il se sent d'être de tous les coups, d'être maître de tous les coups, il est impatient, il veut dominer, il est fier, il veut impressionner ses camarades. Amusant car oui, il regarde trop Canal Plus, et je suis sûr qu'il ne va pas durer longtemps. Mais il a de la chance, et sort un mec avec AQ contre AK. Malheureusement pour lui, cinq minutes plus tard, il bluffe n'importe comment avec 8T de carreau, aucun out au flop, et se fait attrapper par l'autre gros tapis de la table : exit l'agressif et le nouveau chip leader (environ 4000 jetons) à notre table ne cherche pas à la controler avec son gros tas de jetons. Erreur, je vais pouvoir naviguer...

Le début de la grande forme

J'ai abandonné la bière pour de l'Orangina et continuer à jouer sérieux, sans faire de faute. On n'est maintenant plus qu'une quinzaine de joueurs, j'ai fait une pointe à 1000 en jetons mais me retrouve avec 500 jetons seulement après deux mauvais coups et un mec assis derrière moi qui m'incitait à envoyer la sauce à tous les coups. Très sympa mais fatiguant, le mec. Mauvais conseil, surtout. Et dans l'instant présent, pas de réelle stratégie de jeu autre que saisir les opportunités de survivre, soit ce qui revient à pas grand chose à se mettre sous la dent à ce moment de la soirée, et qui me dit en corollaire que la table finale ne sera pas pour ce soir. Mais voilà mon second rush de la soirée. En 15 minutes : 37 de pique en grosse blinde que je joue donc, avec top pair 7 au flop, qui se transforme en flush : j'engrange... puis paire 22 servie qui fait brelan, j'engrange encore... quelques vols de blinds... enfin une paire AA jouée slow play et je débarque en table finale avec pas loin de 3000 jetons, soit 5eme tapis environ sur 9 : je decide de jouer super serré...

Table Finale

J'attends... mais pas longtemps car KK servi, je call la blind : le moustachu qui jouait serré à ma table fait une grosse relance, je fais mine d'hésiter, je sais qu'il joue serré mais à ce moment de la partie, faut y aller : je fais tapis, il suit : je le sors, je double avec un K au flop mais tirage suite ventrale et couleur à la river pour lui : chaud... Il me dit qu'être sorti par moi, ça lui va. Je le remercie pour le compliment.

Je vais vraiment pouvoir attendre d'être dans les 5 tranquillement... je folde des A3, A6, A7 alors que je n'en ai pas l'habitude, bien qu'il le faille généralement. Aussi, je vole des blindes avec A10 assortis ou KJ, K10.... puis je bluffe grave mon voisin avec 38 de coeur, un petit tapis, et montre à tout le monde...
Enfin, voilà QQ servis, le short stack fait tapis, je call, il a A8 et je le sors. Entre-temps, un mec s'est fait sortir 66 contre KK, donc on est maintenant 5 : je suis chip leader ex-aequo avec un marocain (je dirais) moustachu placide, la quarantaine, très calme, cravaté et un peu de bide. Mais plus pour longtemps, car avec AA slowplay, je pique un tiers de son tapis : je sens bien que je fais peur à tout le monde avec mes mains, mes relances, mon tapis : là, je dirige la table finale, et là, je suis vraiment à l'aise. J'ai aussi eu 99 et JJ, mais sans adversaire. Du 9 à l'A, j'ai eu toutes les paires en table finale sauf le T. Je n'avais rien eu d'autre qu'une paire d'As servis durant tout le reste du tournoi : j'ai sû être patient et jouer sérieux sans de grandes mains, et là, elles m'arrivent au meilleur moment.

Les blindes montent, les 4eme et 5eme sortent faute de jetons : j'avais joué avec le 4ème aux qualifications du France Poker Tour : on s'est reconnus. Un très bon joueur. Même âge.

Nous voilà plus que trois..... je joue AK slowplay, le marocain a 99, QK8 au flop, il raise, se disant que je n'ai rien mais je fais tapis. Il hésite un peu, et comme il est tard, il suit. Il ne l'aurait pas fait plus tôt, c'est sûr. Je le sors : plus que deux et moi loin devant...

Je me rends alors compte que je n'ai quasiment jamais été en danger d'être éliminé de tout le tournoi. J'ai la force avec moi.

400 euros au second, 600 au premier, il me propose de partager : je dis non car je suis largement devant : j'ai la force en moi, et je dois pouvoir le grignoter tranquillement mais deux coups plus tard, il fait all-in : j'ai A9 assortis, il m'apparaît clair qu'il joue avec une main moins forte que la mienne, c'est un très bon joueur très "technique du marteau" (rentre peu dans les coups mais raise fortement à chaque fois), j'y vais, j'ai raison, il a KJ dépareillés. Mais le board m'est défavorable : JJ8QA. Il fait brelan contre paire d'As. On est au même niveau de jetons désormais, je dois être encore un peu au-dessus, mais nous convenons de partager, il est tard, 2h30 du matin. Nous préférons donc nous serrer la main et convenir d'une situation égale et équilibrée par ce biais.

Tout le bonheur du monde

500 € chacun, je rentre sur un nuage....
J'avais juste 4€ de monnaie pour payer le parking, Ouf !
En cinq minutes, j'arrive à la maison. Je tâte cinq fois l'enveloppe pleine de billets dans ma poche sur le trajet. Je me grille une dernière clope dans le jardin, je ferme la maison à clef, me dit que j'ai beaucoup trop fumé ce soir, que les tournois non-fumeur, c'est mieux, monte dormir en posant l'enveloppe en évidence sur une commode de la chambre, et enfin, glisse à la fois dans le lit et à Sophie que j'ai gagné.
Elle me demande comment, je lui fais en raccourci.
Trop heureux, cinq jours après PSG-OM et une semaine de vacances en famille à profiter de mon petit monde, il me faut du temps pour m'endormir malgré la fatigue.

Un grand merci à Sylvain, pour les photos, prises dans son studio.

La nouvelle insulte

Grâce à François, de passage il y a une semaine, la nouvelle insulte à la mode, à la maison, c'est "paquet de douze" (saucisses, sous-entendu).... Quand Jade n'appelle pas son petit frère "pat-a-fix"....

samedi 6 mai 2006

Premier gros gadin

Nils a l'habitude de se prendre de sérieux gadins. Ce midi, il a fait plus fort, il s'est ouvert en tombant sur le carrelage de l'entrée.


Direction l'Hopital Purpan pour enfants, pas de points de suture car on a inventé la colle entre-temps. Deux heures d'observation, retour maison pour la sieste.
Au réveil, de nouveau en pleine forme, prêt à retomber ou se prendre des trucs sur la tête à vouloir tout attrapper ou courir trop vite.
Il n'y a que ses parents que ça inquiète.

La couleur des roses

Ce matin, comme souvent, Jade me demande si j'ai aperçu telle ou telle fleur qui a éclos durant la nuit.
Ce matin, elle me dit :

- Regarde les jaunes !
- Où ça ?
- Là, papa
, en pointant du doigt

- Ah oui, les roses !
- Non, Papa, celles-là, les jaunes
- Oui, je les ai vues, les roses
-...
- Les roses jaunes
- Mais non, elles sont jaunes, Papa.
-...
- Ah d'accord


Et d'expliquer que rose est le nom de la fleur et pas sa couleur, qu'il y a des roses rouges, jaunes, roses, de toutes les couleurs.
Jusqu'à présent, comme seules les rouges (de la photo) avaient éclos, je ne m'étais pas rendu compte de l'incompréhension. Heureusement que nous avons des jaunes dans le jardin.

La bache

Je disais à Sophie que je n'étais pas arrivé à mettre la bache sur la piscine tout seul et qu'il m'aurait fallu un coup de main mais elle était occupée. Et Jade qui écoutait, soudain, de nous demander :

- Mais qu'est-ce qu'il dit Papa ?
- Oh rien, jusque que je ne suis pas arrivé à mettre la bache tout seul, elle prenait l'eau et s'est retrouvée au fond de la piscine, sous le poids de l'eau... j'ai eu un mal fou à la sortir de l'eau.


Après quelques instants, Jade réfléchit et nous demande :

- Mais elle est où la vache ?
- Dans le fond de la piscine, la vache,
lui dit-on en rigolant.

vendredi 5 mai 2006

La girafe

Ce soir, c'est lecture du livre sur les girafes d'Afrique avant le marchand de sable.
C'est un livre un peu didactique sur ce quadripède. Comme je l'ai déjà lu plusieurs fois à Jade, un peu pour faire mon intéressant, davantage pour rendre cette lecture modéremment nouvelle, peut-être avec la volonté de discuter d'un trio pesanteur, souplesse, et animalité avec Jade, en commentant la page sur le bébé girafe, j'annonce :

- Le bébé, quand il naît, il tombe de tout en haut et il ne se fait même pas mal !
- De où il tombe Papa ?
demande Jade
- Ben de là haut
- Oui mais où ?
- Ben du ventre, là !
- Là, le ventre ?

- oui... enfin, je crois... le bébé dans le ventre, il sort...

Je veux dire par là, "de la hauteur du ventre, de un bon mètre cinquante".

A ce moment là, Sophie, arrivée depuis 5 minutes, nous dit :

- N'importe quoi, ce papa, il tombe du derrière, le bébé, pas du ventre !

Pour me rattrapper et ne pas passer pour un idiot, je m'accroche à ça, histoire de rester évasif sur la partie d'anatomie en question d'où sort le girafon (ça aussi, on l'apprend dans le livre) :

- Oui, là, d'entre le ventre et le derrière...
- C'est bien ça, Sophie ?
- ...
- Mais non, du derrière !
répond-t-elle

Et Jade de conclure, très étonnament, devant notre discordance et mes pseudo-doutes pour rester vague sur le sujet, que :

- Bon, vous savez pas, hein ? dites-le !
- Mais si, mais si....
répond-t-on en choeur, sans pouvoir très franchement remettre en cause son opinion, et en éludant la suite...

En voulant juste attirer l'attention de Jade sur la hauteur de laquelle chute un girafon à sa naissance, la discussion s'est recentrée sur la partie du corps de la girafe concernée par l'accouchement de celui-ci. Quand en ce moment, une bonne partie de ce qui intéresse aussi Jade est très orienté pipi-vomi-cacamou-cacadur-zizi, sploch et splach, rien d'étonnant...

Ce qui l'est plus, c'est qu'elle n'a plus seulement l'âge de comprendre qu'elle ne sait pas tout : elle a aussi l'âge de se rendre compte que ses parents, ces sacro-saints référents, ne savent pas tout non plus.

MAaaaaAA MAaAMa

Nous essayons de comprendre Nils, entre ses gneu, yan, nan, ma, gnon, rreu, ahah, griiia, kiriteureu...

Aujourd'hui, c'est le cas du son MAAAA qui nous intéresse, généralement lancinant comme une plainte, et répété en boucle comme MAAAMA MMMAAMA, majoritairement en tendant les bras vers quelquechose ou quelqu'un ou plus fréquemment, à manger, systématiquement inatteignable par ses propres moyens, dans le cercle que lui autorisent ses bras comme rayon.

Nous, Sophie, Maria et moi, en avons plusieurs interprétations :

Je rejoins celle d'une assistante maternelle de la crèche qui m'avertit, un jour, que Nils dit "Moi, Moi" quand il voit les petits copains du groupe, plus vieux (il est le plus jeune du groupe), à qui on donne de la viande, pour signifier son ras-le-bol de la purée et marquer sa préférence pour la nourriture à mâcher sur celle à avaler.... donc "Moi, Moi, Moi", sous-entendu "à Moi, Moi aussi (cette nourriture)".

Sophie pense qu'il dit Maman, car il dit aussi cela la regardant, l'implorant de le prendre dans ses bras ou de le nourrir... Phonétiquement, en tout cas, c'est très proche.

Enfin, Maria, avec qui il converse en espagnol, pense qu'il dit "Màs, Màs", ce qui revient, une fois traduit, à "Encore, Encore (plus de cette nourriture)", là aussi quand il mange, veut autre chose ou plus...


Bref, un même son pour trois interprétations mais qui se rejoignent.... quand nous entendons MAAAMA MMMAAMA, c'est qu'il veut quelquechose et lui donnons, qu'il dise Màs (Encore), Maman, ou Moi, au final, c'est presque pareil !

Pour Nils, l'essentiel n'est pas d'être intelligible pour l'instant mais de se faire comprendre. Je crois qu'il y arrive...

jeudi 4 mai 2006

Jardiland

Chez Jardiland, on a trouvé des pieds de tomate, courgette, aubergine, melon et concombre, les trois premiers au prix de 70 centimes pièces, d'une taille que mes semis n'ont jamais réussi à atteindre malgré toute mon attention et mon énergie depuis 2 mois. Tout à tour, des chats m'en ont cassés, le vent m'en a brisés, le soleil m'en a brulés...

Tout sauf une réussite.

Et si cela ne suffisait pas, Nils passe derrière : Par exemple, il les arrose un peu trop vite et les fragilise, ou bien, éventuellement, tombe ou s'asseoit dessus, voire pire, renverse les bacs. Mais s'il est possible de récupérer quelques pieds avec précaution après ces catastrophes, il en est une que Nils déclenche, sans recours possible pour ces plants, vite décédés, lorsque, terrible effroi, vous le surprenez à plier en deux les bacs de semis, puis répéter et répéter le geste jusqu'à ce que mort du plant s'ensuive, tige pliée, fendue ou écrasée...

J'ai compris pour l'an prochain. Jardiland...

Les gouttes

Je découvre que la piscine hors sol est un vrai passe-temps, non pas partiel mais à temps complet : brancher ou débrancher la pompe, aspirer les feuilles alourdies par l'eau et restées au fonds, ramasser à l'épuisette celles en surface, bâcher ou débâcher la piscine, contrôler la température, répandre la dose hebdomadaire d'oxygène actif, etc..

Donc, j'y suis souvent, et aujourd'hui, de retour d'une de ces activités, je croise Jade sur la balançoire, les mains mouillées, la belle opportunité de l'asperger en dépliant les mains d'un geste vif en sa direction.

- Maman !!! Maman !!! Papa, il me jette dessus moi des gouttes mouillées prévient Jade.

mercredi 3 mai 2006

Jeux de fraises

Jade s'asseoit entre Sophie et Moi. Elle dit qu'elle est au milieu. Je ne loupe pas l'occasion de faire réviser la droite et la gauche : Papa à droite, Maman à gauche.

- Et où est ta main droite ?

Jade ne se trompe plus.

C'est aussi l'opportunité de faire les jeux de fraise : des guilis-guilis sans renverser ses fraises, du vol de fraises ou de chantilly dans le ramequin de l'autre, ...

Ainsi qu'un dernier jeu, et je ne sais pourquoi, il ne fait rire que Jade et moi...

Avant d'en parler, si j'en viens à en parler, il me faut écrire que quand je les regarde, tous les deux, parfois, il m'arrive de constater que Jade est une fille par ses poupées et ses centres d'intérêt : princesse, coiffure, maquillage, dessins et decoupages, jardinage, et Nils, un garçon risque-tout attiré par mes outils avec une préférence pour les chutes qui font de grosses bosses mais même pas mal, et si je mets à proximité de cela, nos différences à Sophie et moi, et leur similitudes avec respectivement, nos deux enfants; si, dans ces pensées, je serais tenté d'y voir une preuve que l'univers pouurait n'être divisé que par une unique médiane appelée sexe, voilà une contestation solide qu'il, le monde, englobe une multitude de droites dont la suivante en est un bel exemple, le sépare en deux, à nouveau, et ceci, dans une autre direction : ceux que le montrage de bouche ouverte pleine de fraises machouillées amuse et ceux que ça n'amuse pas.

Sans les mains !

A table dans le jardin, vent et soleil, brochettes, fraises et melon, de retour de ballade à vélo avec Maman et Nils, Jade me dit :

- Papa, sans les mains, moi, c'est vrai en plus !
- Moi, je suis tombé aussi, Papa !
- Mais c'est à cause du trottoir
précise Maman

Je pense : Sans les mains, mais avec les petites roues. Ca viendra...
Mais l'évènement est ailleurs, c'est :

- Eh, Papa, et moi, j'ai marché dans le caca dit-elle en touchant ses chaussures...
- Beurk !! répond-t-on en écho

Allez, on prépare les ramequins de fraises. Je dois choisir entre un vert et un bleu. Et quand je réponds à Jade que je veux plein de fraises et plein de Chantilly, elle me répond :

- Mais tu vas grossir, mon Papa !
- Bientôt, il va flotter dans la piscine, pas besoin de crocodile gonflable
ajoute Sophie.
- Tu peux commencer à manger tes fraises, Papa !

La vie tranquille...

mardi 2 mai 2006

Musée des abattoirs

Depuis plusieurs semaines, Jade rêvait de retourner au Musée des abattoirs où elle était allée avec son école. Chose faite ce jour.

Tout d'abord, nous sommes passés devant les tissages (dixit Jade) de François Rouan avec l'allure de ceux qui sont en retard pour un train. Ensuite, descendus au sous-étage de ce musée qui en compte 4, ayant préalablement expliqué à Jade le signe moins dans l'ascenseur, nous n'avons pas ralenti l'allure devant les dessins d'Antonio Saura, trop noirs pour les intéresser. La grotte noire de Jurassic Pork II les a, ensuite, inquiétés plus qu'autre chose au début avant de les amuser seulement un temps, pourtant, se ballader dans le noir avec une lampe torche pour admirer des dessins et statues de comics, j'imaginais que ça serait le plus drôle pour eux.

Quand à l'écran géant avec Ann Lee, personnage secondaire de Manga pérennisé ainsi par l'art, ça sentait pas bon selon Jade, et ça effrayait Nils qui n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi grand.

Au final, de tout ça, l'oeuvre préférée de Nils a sans aucun doute été l'extincteur rouge près de l'issue de secours, à proximité de l'ascenseur, dans un cul-de-sac du rez-de-chaussée duquel on a eu plus de mal à l'extirper qu'à l'empêcher de toucher, un peu plus tôt, aux sculptures posées à même le sol.
Similairement, deux étages plus haut, il y avait du Jean-Pierre Raynaud, avec en rouge castille usuel, assemblés, une échelle, une pelle et aussi un extincteur. Mais à ce moment là, Nils était ailleurs : il gambadait déjà sur la plate-forme vitrée de laquelle on apercevait les êtres humains des étages inférieurs rendus à sa taille par la prise de hauteur.

lundi 1 mai 2006

Muguet


1er Mai aujourd'hui.
Les bulbes de muguet plantés il y a 1 mois et demi n'ont rien donné, à ce jour.
A quoi ça servait ?
Comment font les autres ?