mardi 17 juillet 2007

C'est moi le monstre

En ce moment, Nils compense certaines de ses peurs : les loups, les monstres, les éclairs d'orage. Alors, plusieurs fois par jour, il pointe ses mains en avant, en faisant "grreeeuuu...." et prévenant "moi, loup, moi".....

Pendant ce temps, on lui a aussi expliqué qu'il ne pouvait pas y avoir de loup dans le jardin, seulement dans la forêt, en montagne, souvent, et que notre maison est en briques et donc, comme dans l'histoire, le loup de peut pas la souffler...

lundi 16 juillet 2007

A la recherche de l'épisode 24

24 heures est une série prenante. Seulement voilà, c'est en 24 épisodes, et nous avons été tenus en haleine par la saison 6, pas encore débarquée en France, et donc trouvée sur la mule. Et cet épisode est introuvable : ceux qui portent son nom sont soit ceux de la saison précédente, soit des épisodes précédents de la même saison.

Et s'il y a une série qui se dénoue bien au dernier épisode, c'est bien celle-là. Suspense insoutenable... et mystère à élucider car nous ne devons pas être les seuls à regarder en avance cette série.

dimanche 15 juillet 2007

Canicule

Dans Toulouse, comme pour se rattrapper de la canicule d'il y a deux ans, on rencontre partout de grandes affiches jaunes avec l'ombre d'un vieux monsieur tenant une canne et un mot du style, lors de la canicule, le pire, c'est la solitude. On est quand même très loin de la canicule en ce moment, ça détonne, ces affiches. Ou alors, ça arrive bientôt...

samedi 14 juillet 2007

Jade commande son ventre

Allant chercher Jade au centre aéré, je la trouve, peu après le repas, à jouer avec Othilie sur des matelas posés par terre sous le préau. Elle dit au revoir à sa copine puis nous nous retrouvons dans la voiture en route pour la maison.

Alors, elle me dit :

- Papa, tu sais, quand tu es venu me chercher, je m'étais mis dans le coin calme pour.... comment on dit déjà ? DI... euh, attends.... DIRIGER
- Ah bon ? tu dirigeais qui ? ou quoi ?
- Ben, je, euh ... DI... dirigeais, papa !
- Tu dirigeais tes copines ?
- Ben, non, tu sais, papa, je m'étais mis dans le coin calme car on revenait de la cantine !
- Ah, tu digérais !
- Euh oui, je digérais !
- Parce que diriger, c'est indiquer son chemin à quelqu'un ou bien ça veut aussi dire quand on commande... et digérer, c'est quand son ventre, il transforme ce qu'on a mangé pour avoir des forces !
- Ah oui ! c'est ça que je voulais dire...

jeudi 12 juillet 2007

Tobacologue

Sophie a eu son rendez-vous chez le tobacologue. Résultat : on sait maintenant qu'une souris grise meurt en fumant sa clope, et qu'il y a 2400 produits dans la cigarette. Mais ça a l'air de faire avancer Sophie.

mercredi 11 juillet 2007

Temps pourri

C'est un temps pourri pour Juillet. Le seul aménagement notable est qu'il fait meilleur le week-end et qu'on peut profiter de la piscine. A l'heure où les juilletistes parisiens vont débarquer en nombre, de passage à la maison, il serait bon que ça change...

mardi 10 juillet 2007

L'autre Nils

Ca y est, j'ai retrouvé le dessin animé Nils Holgersson, et Nils s'amuse à regarder ce petit lutin voyageur sur son jard, à travers la Suède, qui porte son prénom. Il ne sait juste pas qu'il y en a peu qui portent le même que lui...

lundi 9 juillet 2007

Paris Life

Les aller-retours sur Paris ne changent (presque) pas : 3 heures de sommeil, un bon poker, et nouveauté : un déjeuner à l'avant-goût et son menu autour de la soupe du jour... une merveille pour les haleines défraichies de la veille.

jeudi 5 juillet 2007

Mon Pimpon

On avait attendu un peu avant de sortir tous les jouets ramenés de New-York. Il restait à offrir à Nils le camion que lui avait offert Peter. Chose faîte, et Nils ne le quitte plus, dort même avec, appuie sur tous les boutons qui allument les lumières et teste toutes les sirènes possibles. La petite porte à l'arrière qui s'ouvre et contient une autre voiture de pompiers est le gadget suprème dont il ne se lasse pas : j'ouvre la porte, je sors la voiture, je rentre la voiture, je ferme la porte et je recommence, entre deux sirènes.

Trop heureux d'annoncer son nouveau cadeau à Loana qui rentrait, je me demandais s'il se souvenait de son séjour new-yorkais, et de sa tante Anne et Peter, quand il expliqua à Loana :

- Cadeau, Pimpon, Anne, Peter...
- Ma tan !
(comprendre ma tante)

Le tour est joué.

mercredi 4 juillet 2007

Nils dessine

Les progrès de Nils en dessin. A vos commentaires....
Appliqué ? gaucher ? quoi d'autre ?


mardi 3 juillet 2007

Les winx

C'est déjà Noël : Sophie a eu les catalogues de son CE pour choisir les futurs cadeaux de fin d'année. Alors, en fin de repas, on feuillète le catalogue pour se faire une idée du possible en ce domaine. Alors, entre les curiosités (la voiture de oui-oui à pédales, le reveil-voiture, la malette de 210 stylos, le joystick de Dora ou la maison de winnie à colorier...), les rejets (la valise de poker, "ah, c'est pas bien le poker"), les jouets déjà connus ("ah, on dirait lilidou, ou ah, ma valise de docteur..."), et les idées de Jade pour son petit frère ("ah, ça serait bien pour toi, Nils, comme ça, tu pourrais apprendre à conduire..." ben voyons...), ce sont soudain les Winx qui attirent l'attention de Jade :

- Ouais, ouais, regarde, Papa ! là, les Winx !
- Les quoi ?
- Les winx ?
- C'est quoi ?
- Ben ça, regarde
fait Jade en pointant du doigt la boite des winx
- Et ça fait quoi les winx
- MAGIE !
- quoi ?
- MAGIE
- Ah d'accord, mais tu les connais d'où, dis !
- ...
- Parce que t'as jamais vu ça à la télé
- Ben c'est Pauline, elle est dans ma classe et elle sait tout sur les Winx
- Ah d'accord, la spécialiste des Winx, c'est Pauline
- Ouais, elle est trop forte sur les winx
- ...
- Et ma préférée, c'est celle en bleu, tu la vois, Papa ?
- Non
- Mais si là ! elle s'appelle Blum !
- Ah, mais c'est vert
- Non c'est bleu
- Bon, ok, c'est bleu turquoise
- ...
- Comme la mer...
- D'accord, bleu turquoise...


On a encore le temps pour Noël. Alors, on a tourné les pages et oublié les Winx.

lundi 2 juillet 2007

Papy Roger is Back

dimanche 1 juillet 2007

Dis-donc

Ce midi, à table, Jade dit à Nils, qui en mettait partout :

- Nils, Dis-donc !

Nils a répondu :

- Donc !

samedi 30 juin 2007

Les secrets de Nils

vendredi 29 juin 2007

Pomme d'Adam

L'autre soir, allongé avec Jade dans son lit pour la lecture du soir, Jade passe la main sur ma gorge et me dit :

- Tu as du pain, là, Papa !

Alors, je passe ma main sur la gorge et je dis que non, mais Jade insiste et passe à son tour sur ma pomme d'adam, et me dit :

- Euh, oui, c'est pas du pain, c'est comme le monsieur qui a mangé une pomme qui s'est coincé, t'as une pomme coincé, Papa ?
- Mais non, c'est ma pomme d'Adam
- Tu as une dent coincée là ?
demande Jade

J'éclate de rire :

- Mais non, Jadou, je n'ai rien de coincé, c'est pas une dent, mais ce que tu touches sur ma gorge, ça s'appelle la pomme d'Adam
- Ah d'accord


Et on a lu le livre de Fulberte la sorcière qui se transforme en fée pour plaire à Amadou le marabout.

mardi 26 juin 2007

Nils crache

Ca y est, après de nombreuses explications, durant de nombreux soirs, Nils a enfin compris aujourd'hui qu'on n'avale pas l'eau destinée à se rincer les dents. Alors, c'est la découverte d'un nouveau jeu où on en met un peu partout. Jusqu'à ce qu'un jour, il comprenne la suite logique, qu'on n'en met pas partout, justement.

samedi 23 juin 2007

La grande angoisse

Vendredi 17 heures, je quitte le travail précipitamment, laissant tout en plan, suite à l'appel téléphonique de Sophie, depuis l'aéroport où elle tente de prendre le premier vol pour rentrer. A l'heure des bouchons, je prends la file d'urgence pour doubler tout le monde et arriver à l'école prendre Jade. Je lui dis juste "vite, Jade !" en la voyant dans la cour. Elle prend son élan et arrive jusque moi en même temps que je signe la décharge de la garderie. Elle me demande :

- Qu'est-ce qu'il y a, Papa ?
- Je dois emmener Nils à l'hôpital tout de suite, ma puce, faut se dépêcher...


Alors, Jade court à mes cotés comme elle n'a jamais couru. Je vois qu'elle aime son petit frère. Ca m'émeut. On monte dans la voiture, je démarre aussitôt et boucle ma ceinture plus tard. Je grille le feu rouge qui se présente devant moi.

Alors Jade me redemande ce qu'il y a :

- Nils a de la fièvre et il a vomi plusieurs fois à la crèche, Jade, et Loana l'a emmené chez le médecin et le médecin dit qu'il faut l'emmener tout de suite à l'hôpital mais ne t'inquiète pas, ça va aller...
- Ah bon ?
- Oui, si ça tombe, c'est pas grave


Mais Jade doit bien le voir que je suis pas dans mon état normal, que je flippe, que je me fais des films dans la tête en tentant de le cacher.

Arrivant au rond-point juste avant de bifurquer dans la petite rue qui mène chez nous, trois motards verbalisent en ville les excès de vitesse. Je m'arrête en double file, commence à m'adresser au premier qui ne me répond pas et ne m'écoute pas mais pointe son doigt vers son collègue en grimaçant. J'explique alors au collègue en question que je dois emmener mon fils d'urgence à l'hôpital et que si un motard pouvait m'aider à ces heures de bouchon, vue l'urgence, ça m'aiderait beaucoup. Alors, le second motard pointe du doigt en me disant :

- Faut voir avec le chef

Je me rends compte que le chef, c'était le premier motard, lui réexplique le truc, et il me répond :

- Ah, ça, faut voir avec les pompiers

Je réponds :

- Ok, laissez tomber, merci beaucoup

Mais, j'enrage de leur balancer que leur mission c'est de verbaliser plutôt que d'aider ou de protéger, qu'être poli ou écouter, ou aider, ça peut être dans leurs missions. Mais en fait, je m'en balance, je retraverse le rond-point sans me soucier des voitures qui arrivent, remonte, redémarre, le tout a dû durer trois minutes. Je stoppe devant la maison, descends Jade de la voiture en lui disant que non, elle ne peut pas venir avec moi, qu'elle va rester avec Loana.

Je sonne, trouve Loana, Nils à coté, debout, et c'est déjà bon signe. Elle me dit qu'il a revomi deux fois, me donne la lettre du médecin, le sac qu'elle a préparé, de l'eau, des vêtements, une couche, car il a soif et il faudra le changer s'il revomit.

J'installe Nils dans le siège de Jade, qui n'est pas fait pour lui, mais on y va. Il me demande pourquoi Jade ne vient pas, je dis juste qu'elle reste avec Loana. Il est blanc. Ca ne me rassure pas. Au feu du bas de notre rue, qui ne donne que 30 secondes pour rejoindre le flot de l'avenue Saint-Exupéry, la lumière est verte mais les voitures devant nous n'avancent pas. Je dis "Allez, Allez" en klaxonnant dans mon état second. Nils répète "allez". Quand c'est mon tour, ça passe au rouge et je m'arrête cette fois car Nils est avec moi. Je comprends que l'on n'a pas avancé car une adolescente a pris tout son temps, pour traverser, walkman sur la tête, alors que le feu était vert pour nous, dans le style du jeune qui emmerde tout le monde. Pour moi, chaque seconde compte et j'ai envie de lui expliquer ma situation, que je dois emmener mon bout de chou à l'autre bout de la ville, sans tarder, et que ses états d'âme mettent en danger un peu plus Nils. Mais je n'ai pas les mots pour dire ça, alors j'abaisse la vitre et je lui gueule "Pétasse". Elle ne se retourne pas. Nils répète en même temps que moi "Péta". Ca fait déclic dans ma tête, ça me ramène à plus de raison : ça ne se fait pas devant les enfants, ça ne se fait pas tout court. Dans cette situation, il m'a fait sourire, et trente secondes après, ce sourire se transforme en une haine indicible que je ne veux pas le perdre. Au moins cet incident, dans l'urgence présente, m'a ramené à un peu de raison pour faire la route jusqu'à l'hôpital en même temps que le mimétisme de Nils sur mon action a accru mon émotivité à son sujet.

Finalement, ça roule moyennement. Nils me dit qu'il a chaud, et j'abaisse les vitres. Il est sage. Il est super. Mais plus il est super, plus ma gorge se noue. Je me retourne de temps en temps pour lui caresser les cuisses, lui sourire, lui demander si ça va, lui faire coucou, mais dès que je remets la tête dans le sens de la route, ma tronche change. Vite, Purpan, faut que j'y arrive et je découvre le SMS de Sophie qui me détaille le chemin pour y aller au moment même où je m'inquiétais de retrouver le chemin.

Dans ma tête, je m'en veux vis à vis de Nils de n'avoir pas quitté le travail en raison du dossier urgent qu'il fallait remettre, je m'en veux d'avoir laissé Sophie, depuis Paris, s'arranger avec Loana emmener Nils chez le médecin. C'était à moi de le faire et je ne l'ai pas fait, pour ce qui, sur l'instant, m'apparaît dérisoire. C'est un sentiment dur à porter sur l'instant, a posteriori, quand je sais maintenant pourquoi j'emmène Nils à l'hôpital, même si lorsque j'ai indiqué à Sophie que vraiment, je ne pouvais pas, la situation ne semblait pas aussi grave. Même avec cet élément à décharge, je suis très sévère sur mon comportement.

J'en profite pour ouvrir l'enveloppe du médecin et lire que Nils présente un état méningé et qu'il faut d'urgence lui faire un bilan infectieux. Ca ne me remonte pas le moral.

Vincent, du boulot, qui m'a vu partir sans rien dire, m'appelle :

- Yann ?
- Oui, Vincent, là, je suis en route pour l'hôpital pour emmener mon fils à l'hôpital
- Merde...
- Il a sûrement une méningite
- Bon courage
- Ouais, j'ai les boules là, tu vois, carrément


Je raccroche sans attendre, et les larmes me montent. Je n'aurais pas pû faire plus long au téléphone.

On arrive à Purpan, direction l'hôpital des enfants. Encore deux feux rouges trop long. On se gare. Je descends tout, les papiers, le carnet de Santé, Nils et ses affaires, lequel me fait signe de vomir mais non, ça ne vient pas. Je le porte jusqu'aux urgences. Là, elles papotent derrière le comptoir mais s'affairent immédiatement quand je leur tends la lettre.

- On va s'occuper de lui me disent-elles

Je n'ai pas la carte vitale, et elles me disent aussi que ce n'est pas grave. On n'est pas aux états-unis me suis-je dit.

Très vite, Nils est pris en charge. Premières mesures de température. Il n'en a plus, ou plutôt, la même que tout le monde. Ca étonne. Et je ne sais pas si on lui a donné du paracétamol ou autre. J'essaie de joindre Sophie ou Loana. Je suis obligé de sortir dehors pour appeler. Nils est inquiet que je le laisse seul. Il ne me quitte pas des yeux. Je reste exprès à portée de vue à travers les portes vitrées. Il reste sage. Avec toutes ses IRM, ses échographies, ses rendez-vous chez le docteur, il a l'habitude. Je n'arrive à joindre personne. Je trouve ça long. Ca m'énerve. Finalement, j'ai Loana qui me dit que le médecin n'a rien donné et qu'elle ne sait pas pour la crèche. Je n'ai donc rien à ajouter pour aider l'infirmière.

On se rasseoit. Nils est déçu de l'absence de voitures dans le garage posé sur la table. Je lui lis un livre mais il est plus intrigué par ce garçon en maillot de foot avec un plâtre sur la jambe. Avant la fin du livre, on est conviés en salle 14. Là, les infirmières ouvrent une application qui présente spatialement toutes les salles, et le dossier de Nils est rangé salle 14. Je le tiens dans mes bras. Il ne dit mot. Il est encore blanc. Il me dit qu'il a faim. C'est l'heure, c'est normal, surtout qu'il n'a plus rien dans le ventre et je n'ai rien à lui donner.

Je vois arriver une interne. Je me dis que c'est mal barré, une interne, ça ne sait rien. Plus que moi, mais bon là, pour une méningite, quand même, je me dis qu'un gars un peu expérimenté ferait mieux l'affaire. Et ça se confirme quand elle me demande de faire l'historique, pourquoi il prend de l'Oréxol comme antibiotique là.

- Ben, parce qu'on a vu qu'il avait les bronches prises quand il a fait une IRM il y a 15 jours
- Il a fait une IRM, pourquoi ?
- Ben, c'était juste une IRM de contrôle
- Il en fait régulièrement ?
- Oui, il est situs inversus complet, il a ses organes inversés, et bon, y'a des doutes autour de sa rate
- Ah bon ?
- Oui, la première fois, ils avaient pas trouvé de rate, enfin, vous savez, les médecins écrivent pas les trucs, ils disent pas qu'il en a pas, ils disent qu'il en a peut-être pas, mais que c'est pas sûr, car c'est tellement petit que s'ils la voient pas, c'est peut-être parce que c'est trop petit pour la déceler
- ...
- Enfin, c'est pas trop le sujet là, mais bon, un an plus tard, il a changé de statut, il est passé du "il en a peut-être pas" à "il en a peut-être une", parce qu'ils ont vu un truc à l'endroit de la rate, qui fonctionne comme une rate, de la taille d'une rate mais je vous l'ai dit, les médecins écrivent pas alors il en avait peut-être une
- ...
- Et là, un an après, à ses deux ans, ils en trouvé peut-être deux, ... donc je me dis qu'à ses trois ans, il en aura peut-être trois, non ?


Finalement, je la ramène sur le sujet, mais ça leur fait toujours bizarre aux médecins, les trucs compliqués qu'on arrive à leur expliquer mieux qu'eux des fois, surtout aux internes. Comme ça, sur ses particularités, c'est fait, on ne reviendra pas dessus. Là, j'avais l'impression de faire un cours sur le situs inversus complet, et à chaque fois, l'impression que Nils, complètement normal, devienne une sorte de sujet d'expérimentation. Je sais déjà ce qu'elle va penser en mettant son stéthoscope à droite pour la première fois de sa vie. Elle veut savoir si c'est à la naissance qu'on a découvert ça, à l'échographie du 3ème trimestre, et je dis non, et ça semble remettre en cause des choses apprises en cours, visiblement. Alors, je dis non, à ses 6 mois, pour une échographie des reins. Et là, c'est reparti pour le hors sujet :

- Ah bon, pourquoi vous avez fait une échographie des reins
- Ben, parce que dans le cordon ombilical, ...
- Y'avait qu'une artère au lieu de deux
me coupe-t-elle car là, visiblement, ça rejoint ce qu'elle sait déjà
- Oui, et à cette échographie, on a vu que les reins fonctionnaient bien mais qu'il présentait un situs inversus complet, voilà, ...

Ensuite, on discute sur le fait que les médecins en l'oscultant ne l'avaient sans doute pas décelé à cause de l'effet cage de résonance, tandis qu'elle me dit que non, on l'entend bien à droite.

Nils est tout ce temps dans mes bras. Il regarde les souris et le renard dessinés sur le mur. Ceci dit, elle commence à l'osculter, me pose et repose des questions auxquelles je suis en peine de répondre car c'est vraiment Sophie qui va chez le médecin avec les enfants.

Je dis aussi que Nils a été vacciné il y a un mois contre une méningite que transportent les tiques en prévision de nos vacances. Et l'an passé, contre une autre, la C, alors elle m'explique qu'il y en a de toutes sortes.

Nils tend les bras, bouge la tête, regarde en bas, à gauche, en haut, devant, derrière, à droite, là où on lui dit. Je comprendrais ensuite qu'il s'agit de vérifier la souplesse de sa nuque, car une nuque raide est un des symptômes de la méningite. C'est ensuite parti pour un fonds de gorge qui ne révèlera rien, une discussion sur les antibiotiques, sur le poids plume de Nils, qui a quand même perdu un kilo en une semaine, et est encore plus poids plume, et lui, ravi de se peser.

Le médecin entre et sort, resort et rerentre, et Nils se déride, reprend des couleurs, a faim, a vu la boîte d'oeufs en chocolat qui traîne dans une boîte en plastique avec Oui-Oui dessus.

Nils se redéshabille, est inspecté pour voir s'il n'a pas de boutons sur le corps. Dès que le médecin n'est pas là, il me demande "é quoi ça", alors je dis "des perfusions, des gants, encore des gants, des masques", et là, il me dit "moi aussi, masque ... bleu !". Je réponds que oui. Et on recommence plusieurs fois ce dialogue dès que nous ne sommes plus que deux dans la pièce, et ça veut dire qu'il reprend des forces, qu'il ne s'éteint pas, et finalement, le médecin fait son rapport, ses recommandations, il faudra le surveiller mais il n'a pas de méningite, plutôt une angine. Je me dis tout ça pour ça mais en même temps, ce ça, ce diagnostic, je n'en veux pas d'autre que celui-là.

On ressort avec une ordonnance et un rapport, les affaires sous le bras, et j'ai un grand soulagement intérieur. On s'en va, vite, autant pour fuir ce cauchemar que pour rentrer car il est tard : la vie normale de ce petit garçon va reprendre : aller au lit. Dehors, un camion de pompiers est garé, alors Nils est heureux : on se rapproche du camion, Nils fait "Pimpon" plusieurs fois. On reste un moment devant le camion, et les pompiers à l'intérieur n'ont pas l'air de comprendre, pas tous.

On s'en va. Avant de sortir, on croise Sophie qui arrive de l'aéroport. Je sors Nils de la voiture pour qu'il aille avec elle. Elle est soulagée, dit à Nils qu'elle a eu peur, et qu'elle est très contente de le voir. Nos regards se croisent et suffisent pour comprendre que nous avons vécu la même grande angoisse, et maintenant, le même soulagement.

Le lendemain, Sophie ira voir le médecin qui nous expliquera que Nils avait vraiment la nuque raide, et qu'elle a eu 4 cas la semaine passée, et qu'elle s'étonne qu'ils ne lui aient même pas fait de prise de sang. Les médecins ne sont jamais d'accord. Ils en font parfois trop, sans vous ménager, et stressent plus les gens qu'ils ne sauvent des vies. C'est un mode de fonctionnement que j'accepte car la vie n'a pas de prix, et le stress en a un. Nils n'a pas la grande forme, affaibli par plusieurs semaines de tracasseries mais il n'a pas de méningite, et s'il en avait eu une, j'ai découvert qu'elle n'est pas forcément dramatique, qu'elle peut être simplement virale et passagère comme un rhume. Mais le mot fait peur, surtout accolé au mot urgence.

La vie a repris son cours, l'angoisse a disparu et on s'organise cette semaine pour qu'il puisse souffler un peu et se reposer à la maison. On était à Rio Loco le lendemain soir, à manger des gambas au bord de la garonne, en écoutant de la musique espagnole, et tout ça nous semblait déjà loin, même si je suis sûr que Sophie y a repensé autant que moi.

jeudi 21 juin 2007

Napoleon

- C'est comme Napoléon, Despote ou héritier de la révolution, Hé hé !

Voilà ce que quelqu'un m'a répondu à une discution simple de la vie quotidienne. Le tout avec le sourire en coin de la subtilité de la réponse qui ne pouvait m'échapper, tant évidemment, c'est un sujet récurrent de mes sorties mondaines.

- Euh, tu peux pas faire plus simple comme réponse ? ou bien c'est pour faire l'intéressant, ou voir de quel versant je suis alors, ... ?

Comme c'était dans le monde professionnel, j'ai fait sagement :

- Evidemment !

mercredi 20 juin 2007

Fête des pères

Pour la fête des pères, j'ai eu de drôles de grimaces, un splendide masque africain, de jolis dessins et une promesse de week-end amoureux en perspective.

mardi 19 juin 2007

La fête d'anniversaire